Amy's Jukebox: la musique qui a inspiré Amy Winehouse

26 videos • 1,265 views • by Mr. Mojo Risin Quand on songe à la musique d’Amy Winehouse, c’est le jazz qui vient immédiatement frapper nos tympans. Mais Amy, de par sa culture et son entière implication dans son époque, n’était pas un clone de Sarah Vaughan, Billie Holyday ou Dinah Washington; elle s’apparenterait plutôt à une éponge qui aurait assimilé autant l’histoire de la musique que celle de sa génération, pour en régurgiter la sienne propre. Ainsi, outre le jazz, le rhythm and blues, la soul, le funk ou encore le rock, il n’est pas rare d’entendre des éléments de folk, de hip-hop ou de reggae dans sa musique. Car Amy Winehouse c’est, avant tout, une identité. Identité visuelle tout d’abord. Avec ses cheveux noir de jais crêpés et son chignon “choucroute”, ses robes fifties, son eye-liner et ses 14 tatouages, le look d’Amy Winehouse ne passait assurément pas inaperçu. Mais c’est son identité vocale qui la rendait si impressionnante: avec cette intonation comme on en rencontre une fois par génération, ce timbre si particulier et cette prosodie qui est depuis devenue le standard pour tant de nouvelles chanteuses, elle a réussi en huit ans et à peine trois albums (le troisième étant posthume) à devenir l’égal de Tony Bennett, Ella Fitzgerald ou Frank Sinatra. C’est d’ailleurs vers lui, “The Voice”, que son père aimait tant, ce père chauffeur de taxi fondu de jazz qui l’a initiée, qu’elle lorgne avec son premier album, logiquement intitulé “Frank”, en 2003. À 19 ans, ce premier opus a les défauts de la jeunesse. Amy vise trop large (jazz, soul et 60’s avec des éléments de hip-hop et de pop moderne) mais surtout sans choix véritable et ce “Frank”, entre jazz et pop n’obtient qu’un succès d’estime (il sera heureusement redécouvert après le succès planétaire de son deuxième album) malgré les indéniables qualités de compositrice de son interprète (“Stronger Than Me”…). Suit donc son disque majeur, Back to Black en 2006 (un retour aux sources de la musique noire). Plus qu’un programme, c’est une profession de foi. Il n’y a pas de fausse note et encore moins d’hésitations dans cet album, porté, de plus, par des tubes (“Rehab”, “You Know I’m No Good”, “Back To Black”). Ce qui aurait dû augurer une magnifique carrière n’aura été qu’un feu de paille. Car Amy était psychologiquement fragile et a difficilement supporté les affres de la notoriété. Drogues, alcool et dépression constitueront le quotidien d’Amy Winehouse lors de cette longue descente aux enfers qui devait voir la Londonienne décéder le 23 juillet 2011 à seulement 27 ans. Son troisième album (posthume) Lioness: Hidden Treasures, en 2011, propose quelques compositions (“Wake Up Alone”, “Half Time”, “Like Smoke”, “Tears Dry”, “Between The Cheats”...) mais aussi des reprises (“Will You Still Love Me Tomorrow” de Carole King, “The Girl From Ipanema”) qui permettent si besoin était de mieux saisir les inspirations de l’auteure-compositrice-interprète. Car si elle a inspiré Lady Gaga, Lana del Rey ou encore Billie Eilish, ouvert la voie à Adele et Selah Sue, Amy Winehouse a elle-même été sous influence, celle de ces artistes qu’elle vénérait tant. Ils se nomment Frank Sinatra, Ray Charles, Carole King, Thelonious Monk, Ronny Spector, Sarah Vaughan, Dinah Washington ou encore The Shangri-Las et constituent le Panthéon de la musique qui a inspiré Amy Winehouse.